03 juillet 2008

Communiqué de presse Santé et Développement : Plus d’aide, plus efficace

Santé et Développement : Plus d’aide, plus efficace

Un an après avoir appelé les bailleurs de fonds européens, et la France en particulier, à agir d’urgence pour sauver les OMD en santé, le réseau européen Action for Global Health constate avec inquiétude que l’aide au développement en santé reste encore généralement insuffisante et trop souvent inefficace.

Paris le 18 Juin 2008 : Le réseau Action for Global Health révèle un constat inquiétant dans son rapport publié aujourd’hui dans 6 capitales européennes : « Une aide en bonne santé? Pourquoi l’Europe doit fournir une aide accrue et plus efficace afin de sauver les OMD en santé » et illustré par les cas de 6 pays récipiendaires de l’aide
(Bolivie, Ethiopie, Indonésie, Mozambique, Niger et Zambie).
Michel Brugière, Directeur Général de Médecins du Monde, membre du réseau Action for Global Health : « Au Niger, les taux de mortalité infantile et maternelle sont très élevés, seulement 17,7% des femmes bénéficient d’un accouchement assisté par du personnel de santé ! Dans ce contexte, la réalisation des OMD 4 et 5 exige que l’on se focalise davantage sur le renforcement des systèmes de santé, l’interaction entre la santé des femmes, leur niveau d’éducation et le respect de leurs droits. Il faut également que les bailleurs se concentrent vers une meilleure prévisibilité de l’aide afin de pérenniser le financement de la politique de gratuité des soins.»
L’objectif de 0,1 % du Revenu national brut (RNB) consacré à la santé des pays en développement (déterminé par la Commission macro-économie et santé de l’OMS) est loin d’être atteint par les pays européens. L’APD totale en matière de santé distribuée par la Commission européenne (CE) a fortement diminué, en partie en raison de l’utilisation de plus en plus fréquente de l’Aide budgétaire globale (ABG). La France a vu également son niveau d’APD baisser en 2007 (0,39 % du RNB en 2007 contre 0,47 en 2006, données de l’OCDE). L’aide allouée à la santé n’est pas épargnée.
Si l’aide publique au développement relative à la santé doit faire l’objet d’un accroissement quantitatif, son efficacité doit être également améliorée en concordance avec les principes de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide.
Patrick Bertrand, Avocats pour la Santé dans le Monde : « Nous avons vu fleurir cette dernière année un nombre important de nouvelles initiatives dans le domaine de la santé censées améliorer la coordination des bailleurs de fonds au niveau local et international. Si on peut se réjouir d’un regain d’intérêt pour les OMD en santé, cette « initiativite aigue » n’a abouti pour l’instant qu’à plus de fragmentation et de compétition au détriment de la santé des populations.» L’optimisation des systèmes sanitaires et de l’accès aux soins passe notamment par une plus grande harmonisation et une appropriation de l’aide par l’État concerné, sans oublier un allègement des contraintes imposées par les bailleurs aux pays bénéficiaires. Les organisations de la société civile et les femmes sont très rarement impliquées dans les mécanismes de distribution de l’aide. Elles sont pourtant les garantes d’une distribution efficace et équitable. Dans son rapport, Action for Global Health formule huit recommandations qui précisent les mesures concrètes devant être prises par l’Union européenne en général et le gouvernement français notamment :

  • Accroitre le montant de l’aide à la santé et son efficacité : les décideurs de l’UE doivent prendre d’urgence des mesures pour améliorer l’efficacité de l’aide pour la santé associées à une augmentation significative des ressources. La France doit particulièrement veiller à une meilleure prévisibilité de son aide à long terme.
  • Promouvoir la division du travail entre bailleurs de fonds européens : AFGH appelle la CE et les États membres à mettre en oeuvre dès que possible les 10 principes du Code de Conduite de l’UE sur la division du travail dans le cadre d’un processus dirigé par les gouvernements partenaires.
  • Assurer la participation de la société civile et des associations de femmes en particulier : la participation de la société civile doit être intégrée à tous les mécanismes de délivrance de l’aide liée à la santé.
  • Donner la priorité aux ressources humaines : les gouvernements donateurs et bénéficiaires doivent promouvoir activement l’utilisation des financements disponibles pour faire face à la crise du personnel de santé.

A propos d’Action for Global Health

Action for Global Health a été créée en octobre 2006. Ce partenariat regroupe quinze organisations non gouvernementales oeuvrant dans le domaine de la santé et du développement, qui sont implantées à Bruxelles et dans plusieurs pays européens, à savoir l’Allemagne, l’Espagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni. Sa mission est de surveiller les effets de l’action et des politiques des pouvoirs publics européens sur la situation sanitaire des pays en développement et d’inciter les décideurs à améliorer leurs pratiques. Le rapport publié par Action for Global Health traduit l’unité de vues des ONG membres du partenariat et se veut un appel collectif à la mobilisation. Pour plus de détails, consultez le site www.actionforglobalhealth.eu

Action for Global Health publie un rapport de suivi annuel afin d’évaluer les actions menées par l’Europe et la France et d’analyser en détail les politiques menées en matière d’aide au développement dans le domaine de la santé , disponible en version française :

Santé et Développement Plus d’aide, plus efficace




Ou :
http://www.actionforglobalhealth.eu/publications/healthyaid/une_aide_en_bonne_sante_french_version

Informations complémentaires :

Céline Morel - Médecins du Monde
Tél : 01 44 92 14 32
celine.morel@medecinsdumonde.net

Action for Global Health
Patrick Bertrand – Global Health Advocates
Tél : 06 60 04 04 42
pbertrand@ghadvocates.org