30 novembre 2008

Les journées du sidaction

Le mot du président

Sidaction a été créée dans l'urgence pour répondre à l'urgence. De l'épidémie de sida qui progressait dans une grande indifférence, de sa virulence meurtrière et du manque de moyens pour organiser la lutte. En 1994, nous ne savions rien de l'avenir ! Or Sidaction a réussi à s'inscrire dans la durée. En restant un opérateur de collecte de fonds important, mais surtout en devenant un acteur central de la lutte contre le sida, en France et dans les pays en développement.
 
Ce chemin parcouru est déjà une belle réussite. L'expertise de Sidaction, son lien permanent avec le terrain, son exigence d'efficacité et sa rigueur dans la gestion des programmes lui ont valu d'être reconnue d'utilité publique. Mais ce chemin témoigne par-dessus tout de la pertinence des principes fondateurs qui ont toujours guidé son développement. Trois grands principes qui ont toujours placé les malades au cœur de notre action :
  • Rassembler
  • Agir sur tous les fronts
  • Répondre aux besoins urgents du terrain
 
Aujourd'hui, ces principes guident toujours notre action. Car aujourd'hui encore, nous devons faire face à l'urgence. L'urgence de la maladie qui continue à faucher des millions de personnes dans le monde. Mais aussi d'autres formes d'urgence comme la précarité grandissante des personnes touchées par le sida, le manque de moyens de la recherche et le recul des pouvoirs publics. L'enjeu est considérable, notre responsabilité est immense. Fidèles à nos valeurs, respectueux de nos engagements, plus que jamais déterminés, nous poursuivons la lutte, ensemble contre le sida.»

Le mot de la vice-présidente

En 1984, alors que j'étais aux États-Unis, les médias relayaient les discriminations vécues par les personnes séropositives. Quel choc ! Devant l'incurie des pouvoirs publics, des artistes, fédérés autour de Liz Taylor, ont organisé un gala auquel j'ai participé, récoltant 3,5 millions de dollars pour soutenir les malades. Lorsque le VIH a gagné la France, des artistes, tels que Dalida ou Raymond Devos, m'ont engagée à agir, m'assurant de leur appui. Mais l'ampleur de la tâche m'a fait reculer. C'est alors que l'Institut Pasteur m'a contactée... Et je n'ai pas pu résister..
 
Les chercheurs étaient accablés et ils n'avaient pas un sou pour combattre ce virus. J'ai alors organisé un premier gala. Ainsi est née l'Association des artistes contre le sida (AACS). Que de personnalités et d'artistes ont répondu présent ! Une émission de télévision a suivi sur France 3, avec l'aide de Pierre Bellemare. Nous avons récolté en tout plus d'1,5 million d'euros. La moitié a été remise à l'Institut Pasteur, l'autre à des associations. C'était l'état d'esprit de Sidaction avant l'heure !
 
De par cette convergence de vues qu'en 1994, l'AACS a choisi d'offrir ses fonds à la naissante Sidaction. Pour moi, sa réussite majeure est d'avoir permis aux mondes de la recherche et des associations de se côtoyer et d'échanger. 14 ans après, cet état d'esprit est toujours présent et fait la force de Sidaction. Nos efforts doivent se poursuivre car malheureusement l'épidémie progresse toujours. , Un grand merci à tous ceux qui se sont impliqués avec tant de générosité.