19 janvier 2009

WILLIANA, 12 ANS, EN PRISON ADMINISTRATIVE DEPUIS LE 15 JANVIER

William, le père de Williana vit à Nantes avec sa compagne Camille. Ils ont une petite fille de 3 ans et demi. Tous trois sont Français.
 Quand il était au Congo (Brazzaville), William avait eu une première fille, Williana (12 ans actuellement) qui était restée avec sa maman quand il s'était réfugié en France où il a demandé et obtenu l'asile. Mais la maman de Williana est décédée. Son père a fait ce que tout parent aurait fait à sa place : essayer de faire venir sa fille au plus vite. Mais la brillante politique de MM. Hortefeux et Sarkozy a produit ses effets : ses deux  demandes de regroupement familial ont été rejetées. L'enfant était déscolarisée, utilisée comme domestique en dépit de l'argent que son père envoie.

A l'arrivée de Williana à Orly le 15 janvier, la police aux frontières a vite constaté qu'il y avait un problème avec son passeport. Emprunté ? Trafiqué ? Falsifié ?  Mais, pour la police de M. Hortefeux (le ministre de la Rafle et du drapeau était encore en fonction), les choses sont simples : passeport bricolé, c'est zone d'attente (une sorte de prison administrative où sont placés les étrangers soupçonnés de vouloir entrer illégalement avant d'être réexpédiés là d'où ils viennent). Williana s'est donc retrouvée en prison administrative, et tant pis si elle a 12 ans ! Au trou, la gamine ! Madame Dati doit être contente ! Elle rêvait de mettre les enfants en prison dès 12 ans, M. Hortefeux l'a fait, M. Besson dit amen et le Juge des libertés et de la détention bénit le tout !

En effet, Williana a été traduite ce matin devant le JLD de Créteil : une enfant de 12 ans, dans le box (vitré !) des accusés, surveillée par des policiers en uniforme, le revolver au côté, en audience publique ! Un interrogatoire sans gentillesse et, au bout du compte une décision de maintien de cette gamine en zone d'attente jusqu'à ce que l'OFPRA statue sur la demande d'asile introduite pour l'enfant (la PAF avait réservé un vol de rapatriement samedi, et la demande d'asile était le seul moyen de bloquer l'expulsion).

On en est là : le père et la belle-mère de Williana ont confié leur plus petite fille aux grands-parents, ont laissé tomber leur travail, se font héberger chez de amis à Paris et tentent désespérément de récupérer l'enfant. En face, la police, la justice, l'administration sont intraitables et Williana reste en prison.

Ca ne peut pas durer. Williana doit retrouver ses parents. La place d'une enfant de 12 ans est à l'école, pas en prison administrative, même pour faire plaisir à M. Hortefeux et à son successeur.

Le préfet du Val-de-Marne, le ministre de la Rafle et du drapeau, le président de la République ont le pouvoir de la libérer, ils doivent le faire.

Conférence de presse mardi 20 janvier 2009

EDMP 8 impasse CROZATIER 75012 PARIS

En présence des parents de Williama