27 janvier 2010

Le prix du textile

Lu chez le Rocrocodile !


"Envoyé spécial" de la semaine dernière proposait un reportage sur le textile en Turquie et la façon dont les travailleurs sont traités, payés comme des esclaves et meurent de silicose sans aide ni soin pour que nous puissions porter des Jeans délavés.

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A lire


"" Des blue-jeans turcs qui tuent""

Cécile Raimbeau   

La mode fait de vraies «fashion victims»: les milliers d'ouvriers turcs qui sablent les jeans pour leur donner l'aspect usé. Ils n'esquintent pas que la toile denim, mais aussi leurs poumons.

S'il a 38 ans, la maladie a déjà ridé le visage de Mehmet Basak. On le sent faible, amaigri. Assis sur le canapé d'un modeste appartement de la banlieue d'Istanbul, il retire le masque de son nébulisateur, cet appareil qui diffuse dans ses poumons des substances l'aidant à mieux respirer. D'épais sourcils et une dense moustache noire encadrent ses joues creuses. Il tousse. Sa femme lui sert un thé sur une table basse, rare meuble de cette pièce où les matelas qui servent à coucher ses sept enfants sont empilés dans un coin. Mehmet Basak reprend son souffle pour décrire le métier qu'il a exercé entre 1999 et 2007: «J'étais debout dans une cabine de 4 mètres carrés, tenant une lance reliée à un compresseur réglé à 8 bars. Un collègue me faisait passer des blue-jeans sur lesquels je projetais du sable. A côté, il y avait un réservoir de 600 kilos de sable. Au bout d'une heure et demie, quand il était vide, je disposais d'un quart d'heure de pause, le temps que le collègue le recharge. La cabine était alors si poussiéreuse que j'en sortais méconnaissable. Puis ça recommençait, pendant douze heures par jour.» Cet ouvrier turc était sableur de jeans dans une entreprise de 350 employés qui existe toujours. Il se souvient avoir lu sur les étiquettes des vêtements qu'ils sablaient les noms de marques internationales et turques: «Levi's, Dolce & Gabbana, Mavi Jeans, Collezione...», énonce-t-il. «Il n'y avait quasiment pas de ventilation dans cette cabine. Nous utilisions du sable de plage et le patron fournissait juste un masque de chirurgien. Il disait qu'il n'y avait aucun danger pour la santé.»
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Le Rocroco revient sur les droits des travailleurs bafoués, sous-payés, traités comme des esclaves...
A signer, une pétition:

 "Liquidation totale" !

Lettre à MM Christophe Dubrulle, Lars Olofsson, Jean-Charles Naouri, Michel-Edouard Leclerc, PDG d’Auchan, de Carrefour, de Casino et de E.Leclerc.

Citoyen(ne), consommateur(trice), je souhaite être assuré(e) que les vêtements que j’achète sous vos marques propres n’ont pas contribué à l’exploitation de millions d’ouvrier(e)s du secteur textile à travers le monde.
Je trouve intolérable que tant de salariés ne perçoivent pas une rémunération qui leur permette de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. Vous ne pouvez prétendre que l’amélioration de ces rémunérations se traduirait par une augmentation importante du prix final de vos produits, au vu de la part infime que représentent les salaires des ouvrier(e)s de la confection dans le coût total d’un produit.
Par ailleurs, je m’inquiète de la fréquente violation du droit d’organisation et de négociation collective dans ces usines, alors que ce droit est reconnu par des conventions internationales.
Aussi je vous demande :
- de vous assurer que vos fournisseurs et sous traitants versent un salaire décent à leurs ouvrier(e)s. Vous devez en ce sens : + cesser la pression à la baisse sur les salaires et la course aux délais de production, + vous assurer que leur droit d’organisation et de négociation collective est respecté,
- de garantir pour le consommateur une transparence sur les conditions de travail chez vos fournisseurs et sous-traitants, notamment sur le salaire de base des ouvrier(e)s.