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05 mars 2008

Tarifs du gaz sur Que Choisir

Tarifs du gaz

Hausses sans fin


Après la hausse de 4 % des tarifs intervenue en janvier dernier, la direction de GDF avait laissé entendre qu'elle ne s'arrêterait pas là. Lors de l'annonce des résultats - pourtant excellents - pour 2007, elle a confirmé qu'elle allait demander au gouvernement l'autorisation d'augmenter à nouveau les prix pour les particuliers.






À nouveau, Gaz de France (GDF) fait état d'excellents résultats annuels. Le bénéfice net de l'entreprise s'est élevé en 2007 à 2,5 milliards d'euros, ce qui constitue un chiffre record et une hausse de 7,6 % par rapport à 2006. Ces bonnes performances s'expliquent par le froid qui a sévi en fin d'année, mais aussi par le « retour à l'équilibre des activités de vente de gaz aux tarifs administrés », détaille le groupe. Une façon comme une autre de reconnaître que la hausse de 4 % du prix du gaz appliquée depuis le 1er janvier dernier a bel et bien contribué à ces bénéfices inédits. Ce qu'a dénoncé dans un communiqué la CGT-Énergie, qui parle d'un « hold-up sur le pouvoir d'achat des familles ».

Il est vrai qu'en pleine polémique sur les prix et la vie chère, ce genre d'aveu passe mal. D'autant que, comme prévu, de nouvelles hausses des tarifs du gaz s'annoncent. Elles seront « les plus limitées possible », a promis Jean-François Cirelli, le PDG de GDF. Mais il n'a donné aucune précision sur le calendrier et l'ampleur des augmentations qu'il compte demander aux pouvoirs publics.

Insensible au contexte, GDF s'appuie sur des arguments inchangés pour justifier sa position. L'entreprise met en avant de précédentes hausses non accordées, et, surtout, pointe le rôle de l'inflation qui touche les hydrocarbures. Les coûts d'approvisionnement du gaz sont en effet indexés sur les produits pétroliers, dont les prix atteignent aujourd'hui des sommets.

Ces arguments peuvent-ils être entendus par les consommateurs ? Rien n'est moins sûr, car la moindre hausse des tarifs du gaz a de fortes répercussions sur la facture d'énergie des foyers. La pilule risque d'avoir du mal à passer, sachant qu'au final, GDF a presque triplé ses profits en 5 ans.



Anne-Sophie Stamane

06 février 2008

Avis aux consommateurs:mincir selon kellogg's

01/02/08
Publicité mensongère

Kellogg's sanctionné


Avertissement sérieux pour l'industrie agroalimentaire adepte de slogans nutritionnels : la marque de céréales Kellogg's a été sanctionnée d'une amende de 15 000 euros pour avoir claironné qu'un petit déjeuner de céréales Special K était garanti «0 % de matière grasse». Ce qui, bien sûr, était faux.

L'argument « minceur » est, depuis longtemps, le leitmotiv des publicités pour les céréales et les barres Special K de Kellogg's. Mais de là à affirmer, sur les paquets, qu'un petit déjeuner avec Spécial K, c'est « 0 % de matière grasse », il y a un pas que la célèbre marque américaine n'aurait pas dû franchir. Pris la main dans le sac par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) en 2004 et 2005, Kellogg's vient d'être condamné par le tribunal correctionnel de Bobigny à 15 000 euros d'amende pour tromperie et publicité mensongère. La société se réserve la possibilité de faire appel de cette décision.

Précisément, les poursuites ont été engagées à cause d'un logo rouge apposé sur les emballages et accompagné du slogan « Le petit déjeuner avec Special K, 0 % de matière grasse ». Pour d'autres produits, la teneur vantée était de 1 %. À l'issue de son enquête, et constatant que la teneur en lipides du produit était dans tous les cas délibérément sous-estimée, la DGCCRF a considéré qu'il s'agissait d'une dérive « persistante » visant à induire le consommateur en erreur sur la composition réelle du produit.

Lors de l'audience, l'avocat de Kellogg's a, malgré l'évidence, tenté de convaincre le juge que la mention « 0 % de matière grasse » s'appliquait non aux seules céréales, mais au petit déjeuner dans son ensemble, tel que représenté sur la boîte par une bouteille de lait, un jus de fruit, du café et un bol de céréales. Une défense peu crédible, au point que le procureur avait requis 30 000 euros d'amende.

Depuis l'enquête de la Répression des fraudes, l'emballage des Special K a changé. Il se contente d'annoncer que les céréales sont « pauvres en matière grasse ». Le jugement rendu sonne en tout cas comme un petit avertissement pour les industriels de l'agroalimentaire, qui affublent leurs produits, même gras ou sucrés, de toutes les allégations possibles et imaginables.

Sur le site de "Que Choisir"

03/02/08
Insecticide Cruiser

Nouvelle menace pour les abeilles


Les apiculteurs sont inquiets : le ministère de l'Agriculture vient d'autoriser l'utilisation du Cruiser, un nouveau produit d'enrobage des semences très toxique pour les abeilles.






L'Union nationale de l'apiculture française (Unaf) va déposer une requête en annulation de la décision ministérielle d'autorisation du Cruiser devant le Conseil d'État. Car cet insecticide est dangereux pour les abeilles. Il fait partie de la même famille que le Régent et le Gaucho dont la filière apicole a obtenu, de haute lutte, l'interdiction depuis 2004.

Ces produits ne tuent pas directement les abeilles, mais attaquent leur système nerveux. Elles deviennent alors incapables de retrouver leur ruche. Selon les apiculteurs, l'utilisation de ces insecticides sur les grandes cultures serait l'une des causes principales de la disparition de plusieurs millions d'abeilles depuis une dizaine d'années. Une hécatombe qui, si elle perdure, pourrait avoir des conséquences catastrophiques sur l'environnement et la biodiversité. Les abeilles sont en effet responsables à 80 % de la pollinisation des plantes à fleurs, permettant ainsi leur reproduction.

Depuis le retrait du Gaucho et du Régent, les apiculteurs avaient constaté une nette amélioration : « La mortalité des abeilles était redescendue l'hiver dernier à un niveau naturel, situé entre 5 et 10 % », a précisé Henri Clément, le président de l'Unaf, au cours d'une conférence de presse, le 29 janvier dernier. Un répit de courte durée, semble-t-il. Ainsi, en Italie, l'utilisation du Cruiser l'an dernier aurait entraîné la disparition de 40 000 ruches.

Au vu du profil toxicologique du Cruiser, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) avait rendu en novembre dernier un avis très sévère et demandé que les ruches soient éloignées de 3 kilomètres lors de la floraison des maïs issus de graines enrobées de Cruiser.

Un mois plus tard, l'Afssa revoyait sa copie, estimant que l'insecticide pouvait être utilisé sous certaines conditions : par exemple, il ne devrait s'appliquer que sur du maïs (à l'exception du maïs doux et du maïs de lignées mâles pour la production de semences) et uniquement une fois tous les 3 ans sur la même parcelle. De plus, les cultures suivant un maïs Cruiser ne devraient pas être attractives pour les abeilles (par exemple, le blé est possible, mais pas le tournesol ni le colza), etc.

Selon l'Unaf, un tel luxe de précautions n'a rien de rassurant, d'autant que compte tenu de la complexité des conditions d'emploi du Cruiser, leur contrôle semble illusoire, faute de moyens supplémentaires.

Décidément, l'objectif de réduction de 50 % des pesticides d'ici 2012 décidé lors du Grenelle de l'Environnement semble bien mal parti !



Florence Humbert