05 novembre 2009

La route vers l'avenir: Du rêve à la réalité ou "chacun son Everest."




Allez vers son destin n'est pas chose aisée surtout lorsque l'on a bientôt dix-sept ans et que l'on est passionné de voitures et de courses automobiles comme l'est Fiston.

Depuis tout petit, tout passe par cette mécanique que l'on appelle automobile.
Chaque promenade dirigée vers tout ce qui peut toucher à ce domaine.

L'ultime motivation pour sortir lorsque parfois la fatigue se faisait sentir, avant bien sur que l'on ne sache d'où ce manque de force pouvait venir.

La voiture dessinée dans l'assiette pour faire passer un aliment au goût peu agréable.

La voiture pour donner l'envie de lire.

La voiture, pour voyager.

""Et qu'est-ce qui t'attire donc autant dans cet engin?"" lui demandions-nous pour essayer de comprendre cette obsession pour cet engin relativement banal..

"La liberté" me répondait-il toujours.
Sans doute avec la "pré-science" de la découverte de cette maladie qui le limitait déjà...

Et c'est toujours de cette façon qu'il le voit.
Pour lui, la voiture est le symbole de "sa" liberté.

Il y a quelques jours, nous avons du nous fâcher pour l'amener à travailler un peu.

Apprendre seul n'est pas chose simple, nous le savions mais là, c'est carrément le refus de travailler.

Et pour son bien, nous avons donc monté le ton et sévi en éteignant l'ordinateur sur lequel il jouait à ses  éternelles courses de voitures virtuelles à défaut d'être réelles.

Pour lui faire la morale et lui mettre quelques plombs dans la cervelle.
Fiston s'est mis à pleurer.

Pour lui sa vie n'existe pas. Il vit par procuration.
Il refuse tout allusion au handicap tout en sachant que sa vie est intiment liée à cet réalité, qu'il ne peut pas dépasser pour le moment.

Je lui ai ramené plusieurs documents sur 'Que faire après le bac?".
L'objectif étant d'aviver l'envie de faire quelques choses en ayant une direction définie même précaire.

Mais aucunes des pistes présentées n'ont eu grâce à ses yeux.

Je veux être pilote de courses ou rien...

Cela est terrible de se sentir aussi démunis face à son ado qui pleure d'impuissance..
Parce que tout ce qui fait ce qu'il est ne peut pas se réaliser.
Parce qu'une maladie l'empêche de vivre son rêve le plus profond.

Et là, tout surdoué qu'il est et intellectuel, car il l'est se trouve confronté au pire de tout.
Ne pas être ce qu'il veut devenir.

Et donc tout ce que l'on peut dire ou faire ne trouve pas le moindre écho dans son esprit.
Et la psychologue est refusée, comme l'est tout ce qui touche le handicap.

Mais, une fois l'orage passé et après une bonne nuit de sommeil, sachant que je m'occupe surtout de son bien-être, Fiston a accepté de réfléchir un peu.

Pour me déclarer:
Soit, je veux être pilote de ligne, pilote de rally ou pilote de bus (pour le clin d'oeil, nous avions vu Harry Potter la veille!).

Ce que je sais depuis longtemps, c'est que Fiston, tout intellectuel qu'il soit ne peut rien concevoir sans avoir la possibilité de se mettre en scène et de se confronter à lui-même au travers du handicap.

Et je sens que le bac ne sera vraiment étudié que si le contrat entre lui et lui est rempli.

Il y a longtemps que je le sais pour l'avoir évoqué avec Christiane de l'Association Regards.

Chaque fois que je me sens dépourvue, je vais en discuter avec les permanentes de l'association qui me soutiennent dans mon rôle de mère lorsque cela va mal et auxquelles je donne toutes les bonnes nouvelles lorsque cela va bien.

Le bac dans le cas de Fiston est accessoire pour le moment. il a d'abord un besoin urgent de se rassurer sur lui-même.

Je pense qu'il est temps également d'essayer de changer le regards de la société par rapports aux sports mécaniques et que le handicap ne soit plus un obstacle mais au contraire une perche, un défi pour des ados en mal de confrontation avec leur passions.


Voilà le défi actuel que nous pose Fiston et qu'il va falloir relever.

Je ne sais pas comment, bien que j'ai une toute petite idée mais il serait intéressant d'arriver à changer les codes de notre société vis-à-vis du handicap.

Et c'est seulement à ce prix là que nous réussirons à guider Fiston sur la route de son destin..

Il a le temps.

Et la solution existe surement quelque part...

Je lui ai promis de ne pas le lâcher, de l'accompagner  et d'éradiquer de son vocabulaire l'expression:

""Ce n'est pas pour moi, je n'y arriverai jamais!""

Et les ostéopathes, hier, ont eu l'heureuse initiative de ne pas le restreindre dans ce domaine.

Il est temps pour nous de vérifier dans ce domaine le fameux adage

La foi déplace les montagnes...

Tout en sachant qu'il nous faudra sans doute du temps....