"Si le Sida c’est pour les PD, le MoDem ce n’est pas pour les enculés."
par Le Petit Grognard.
« Je ne me sens pas concerné par tout cela ». « On en a marre de tous ces appels au don ». « Aide-toi et le ciel t’aidera ». « Après tout si j’attrape le SIDA, c’est que je n’ai pas pris mes précautions ; alors j’assumerai ». « On devrait ne pas rembourser le traitement des séropos, la sécu ne peut pas supporter les écarts de vie ».
Vous avez plus ou moins entendus toutes ces conneries, ici ou là, prononcées par vos proches ou non. Rien de nouveau sous le soleil sauf si de tels propos ne sortaient pas de la bouche de modémistes.
Ayant remercié Raph d’avoir consacré un billet sur le sujet tout comme MIP MIP et Farid (comme quoi il ne raconte pas que des conneries J ), j’ai évoqué en commentaire de ce type de propos en concluant par un « bonjour l’esprit modem ».
Ce commentaire a fait réagir vivement un commentateur. Ce dernier n’apprécie pas une telle « leçon de morale » et le lien entre MoDem et don au Sidaction. Il évoque à juste titre d’autres solidarités. Par exemple, pour lui c’est le don du sang (au passage j’aimerais bien faire de même mais je n’en ai pas le droit). Il a souvent raison dans ce qu’il écrit sauf quand il croit que le SIDA concerne en priorité les homosexuels (je vous laisse lire le billet précédent et les réactions). Or, désormais on l’ignore souvent, mais ce n’est plus le cas. Tout le monde peut l’attraper à partir du moment où il a une vie sexuelle (donc c’est plus tard que 7 ans, mais ça va au-delà de 77 ans, enfin je vous le souhaite).
En fait je ne dis pas « t’es au MoDem, donne !». Bien sûr il y a une multitude de causes à défendre (un ami de Kag lui a reproché son billet sur le droit des animaux et Kag lui répond très bien). Bien sûr nos capacités sont limitées (personne au MoDem n’a la fortune de Zidane, Sharon Stone ou Bernard Arnault). On ne peut pas donner sur tous les fronts : animaux, handicap, maladie, détresse, catastrophe humanitaire, etc. Sur Paris, en France, en Europe, en Afrique ou dans le monde entier.
Mais de quel droit hiérarchiser les souffrances ? L’enjeu n’est pas de dire « fais-ci à la place de cela ». Mes actions se porte essentiellement sur le Sidaction. Non pas que je sois malade, mais d’imaginer des personnes seules mourant dans un hôpital me bouleverse. Avant je participais plutôt au Téléthon. En tout cas, je ne dirai jamais à celui qui veut sauver les arbres de Sibérie « je m’en fous ». Je dirai « désolé, mais je ne peux pas donner ».
Je ne parle qu’en mon nom bien sûr mais pour moi, le MoDem ; c’est une ouverture, c’est un consensus. Ce n’est pas droite contre gauche. Ce n’est pas l’exclusion d’autrui par principe. C’est l’épanouissement de l’Homme en général avec ses forces et ses faiblesses. Ce ne sont pas les discours-clichés «Robin des bois contre Prince Jean » que le PS et l’UMP nous sortent.
Ma « tatie » Alluvions ne me contredira pas, mais la souffrance de n’importe qui est une souffrance générale. Le débat n’est plus politique mais philosophique en fait. Je ne joue pas le Saint de service car comme tout le monde j’ai une fort part d’égoïsme. Mais bon sang, quand je vois quelqu’un pleurer, je vais tout de suite voir la personne. Que ce soit un canari, un gosse ou un peuple entier qui souffrent, il faut essayer de faire cesser cette douleur. Quand je vois un SDF, ne comptez pas sur moi pour lui filer des euros. En revanche, je vais souvent lui acheter un truc à bouffer (je n’ai eu que quelques « connards » en retour lancés par des ivrognes).
Un don, aussi minime soit-il est un don. Même un don d’un euro au Sidaction reste un don (car après tout si le Sidaction ne récolte « que » 5 millions d’euros, il y a pas mal de français qui ne veulent pas donner. Pourtant avec un euro chacun, faites le calcul…
Alors oui, il faut parler sans cesse du SIDA mais en plus en dehors de sa « saison », le Sidaction. Franchement quand je vois des « amis » sur Facebook ne pas avoir adhéré au groupe « Sidaction » après une invitation, je ne comprends pas.
En conclusion, si on peut ne pas vouloir répondre à un appel au don quel qu’il soit, ayons la bienséance de ne pas empêcher l’appel ou de ne pas décourager ceux qui le font. Ni le déni, ni le fatalisme ne servent l’Homme.
[Pardon pour la vulgarité du titre mais je savais que certains allaient reconnaître mon style et débarquer]
J'ai repris
ton billet Petit Grognard.
Et je reprends commentaire du "donneur de leçon."
@ Christie:
"C'est un peu comme celui qui critique les noirs et mais qui se dédouane en parlant de son beaufils ou de sa belle-fille africain(e). Sans doute à contre coeur et parce qu'il n'a pas le choix. le principe de base est le même."
j'ai trouvé tes propos très blessants...
je ne crois pas avoir jamais manqué de respect à ce point envers qui que ce soit sur ce blog.
Alors si demain ta grand-mère chope Alzheimer; je pourrai également dire de toi que tu es comme quelqu'un qui critique les vieux mais qui se dédouane en parlant de sa grand-mère.
Médite un peu là-dessus et essaye de modérer tes propos à l'avenir.
Bien , je commence par me dire désolée sincèrement d'avoir blessé ce jeune homme dont les propos sont également porteur d' agressivité.
Je ne connais pas tous les tenants et aboutissants de la discution mais je constate déjà que le ton est chargé de violence et cette allusion à ma grand-mère est moche. C'est très petit..
Qu'importe ! Cela démontre que la personne qui emploie ce ton n'est pas capable de respect.
Et que l'attaque directe reste ce qu'elle croit être intelligent!
Bon laissons-là à ses illusions.
Bien , je viens de faire ma petite mise au point
En ce qui me concerne, je
donne chaque fois que je
peux.Que ce soit de l
'argent, du temps, de l'
énergie...Oui, en me battant pour mon fils, c'est pour tous ceux qui n'osent pas dire les choses.
Hier, j'ai croisé un couple de jeunes. ils mangeaient tous les deux sur un banc public.
Le jeune homme me vois et m'interpelle.
Ils avaient besoin d'un euro dix pour retourner à Toulouse,
le prix d'un ticket de métro.
Honnêtement, je n'ai pas demander pourquoi, ils n'avaient pas prévu ce retour.
Mais lorsqu'on est fauché et que l'on tourne en rond, c'est mortel.
Peut-être que cette balade leur a fait du bien au moral, peut-être qu'aujourd'hui, ils abordent la vie plus heureux, avec plus de sérénité ?
Si, en contribuant à les aider au niveau financier pour rentrer à la maison (qui sait sous les ponts ?), ça les a aidé, les a poussé à se dire qu'après tout la vie peut encore réserver de bonnes surprises.
De cela, je n'ai pas à juger! Brassens nous le dit en chanson.J'ai donc donné la moitié du billet.
Et je l'ai fait avec plaisir.
De même, lorsqu'une personne qui dort dehors me demande de l'argent, je donne. Je ne cherche pas à lui imposer ce que je crois bon pour elle.
D'abord, je la regarde , ou le regarde.
Et quand je donne, c'est avec le sourire !
je n'ai pas à savoir ce que devient l'argent.
J'ai lu , il y a longtemps, un reportage sur les clochards.
Ils disaient que dormir dans la rue est tellement violent, dépersonnalisant, tellement" in-humain", que l'alcool les aidait à tenir le coup.
Et ça se comprends.
Que ferions-nous, nous-même, si nous devions dormir dehors ?
Quel serait alors notre attitude mentale ? Quels seraient nos gestes ?
Qui deviendrions-nous alors?
Voilà, c'est comme tout.
La
solidarité, c'est commencer par se mettre à la place de l'autre!
Et c'est peut-être le plus difficile !