27 mai 2008

Témoignages de Migrants

je viens de lire ce Témoignage chez Fanette.
J'en ai les larmes aux yeux!

Voici cet autre témoignage.

In Memoriam Sensee Kanneh

Lundi 19 mai 2008, un jeune Africain s’est jeté du haut du Palais des Congrès de Montpellier.

Sensee Kanneh faisait partie d’un groupe de neuf jeunes réfugiés libériens qui, fuyant la guerre civile au Liberia en juin 2003, sont montés à bord du dernier bateau à quitter le port de Monrovia. Ils sont arrivés à Sète mais auraient sûrement préféré se retrouver dans un pays dont ils parlaient la langue. Pour Sensee c’était la deuxième fuite en bateau. A 15 ans il s’était retrouvé seul dans la foule des réfugiés qui cherchaient un refuge au Ghana.


Sensee a eu la chance de se voir reconnaître le statut de réfugié par l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) fin 2006, après 3 ans et demi de galère.


Malgré l’aide de ses amis, Sensee peinait à trouver sa place dans la société française dont il restait toujours un peu en marge. Sensee, c’était cette histoire d’une enfance et d’une adolescence au coeur d’une guerre civile interminable, une histoire de traumatismes sans doute insurmontables.

Mais Sensee, c’était aussi un garçon, d’une vingtaine d’années, attachant, avec ses rêves naïfs de rappeur pour dire sa fierté d’être libérien, pour dire ses croyances, son désir et son mal de vivre.
Sensee, c’était la fuite en avant. « I fly and I fall down, down. Je vole et je tombe, tombe. »

Ce lundi 19 mai les personnes présentes sur la terrasse du Corum n’ont pu rien faire pour le retenir.

Par sa mort, Sensee vient durement nous rappeler que ces étrangers, toujours soupçonnés de n’être que des « sans papiers », sont des personnes, des hommes, des femmes, des enfants qui connaissent la souffrance de l’exil. En ce moment où on ne parle et ne voit que chiffres d’expulsions, elle nous somme d’affirmer la nécessité criante de dénoncer toutes les atteintes aux injonctions du droit d’Asile dans nos pays, en France comme en Europe.


La CIMADE Montpellier

Et je remets en lien cette vidéo de l'émission 7 à 8 du Dimanche soir : Voyage au bout de l'Enfer.

Il faut que la France retrouve un peu de son humanité et qu'elle cesse demander que cette politique d 'expulsion soit maintenue.
Nous ne pouvons pas accepter cela sans rien faire ni rien dire.
L'étranger n'est que cet autre nous-même , à la fois différent et si semblable.