15 janvier 2009

De la "bien-pensance" ou comment majorer le handicap

Après une visite pour moi chez la psychologue et pour Fiston, pour faire un peu le bilan sur ce conflit engendré par un proviseur en mal de bienfaits et une équipe d'intégration un peu trop "zélée".

Après avoir mis au jour que, en tant que maman, mon rôle est de protéger mon fils des abus en tous genre.

Après avoir mis au jour pour Fiston sa volonté de vivre sa différence, celle qu'il ne peut échanger au
service après-vente.

Différentes personnes, dont Steph sur cet article-là, ont abordé la question du financement d'un élève.
  ""  Stef a dit…
Si "un enfant n'a pas de prix, il a un coût" et l'argent perçu par ce directeur pour financer la scolarisation de Max vaut bien tous les discours mielleux pour retenir celui-ci... La qualité de l'encadrement n'est surement pas la même dans tous les établissements et c'est bien dommage. ""

Or le départ d'un élève aux besoins différents  peut déséquilibrer le budget d'une classe prévue pour accueillir cinq élèves en situation de handicap.

Et donc, on s'accroche tout bêtement à l'élève qui veut suivre a voie en utilisant le facteur qui marche bien à tous les coups.

La socialisation.

Mais quelle socialisation lorsque deux des cinq élèves harcèle celui qui se la joue "perso" par fatigue reconnue médicalement mais invisible.

Et quelle socialisation lorsque ledit élève arrive en cours avec son cartable à roulettes digne des cours de primaire alors qu'il est au lycée.
Parce que l'on refuse le double jeu de livres.

Il attire automatiquement tous les regards.

D'où un malaise persistant à cet âge où l'on s'identifie à ces pairs.

Et puis enfin, cette "bien-pensance" mielleuse dont on vous entoure, vous l'élève han-di-ca-pé, qui êtes l'objet de toutes les attentions.

Que l'on veut ab-so-lu-ment arrimer au pôle d'excellence de cet excellent lycée, gouverné par cet excellent proviseur.

Ce monsieur qui veut impérativement exercer son DROIT de pédagogue. 

Qui veut tirer par le haut cet élève récalcitrant, affublé de parents encore englués dans la pensée unique de Mai Soixante-Huit, semble -t'il.

Ce proviseur qui s'inquiète, bon prince de l'avenir d'un  "n'handicapé".
Il pourrait le mettre dehors tout aussi bien.

Mais il n'est pas fait de ce bois-là, alors il propose de faire une classe de seconde en trois année pour laisser au jeune la possiblilité de se reposer.
C'est bien vu.
Avec à la Clef, la réussite pour le jeune et pour lui.

Tout le monde est gagnant!

Sauf que Fiston est précoce, surdoué et intellectuellement parfaitement capable de faire sa scolarité normalement, comme tous les élèves de seize ans.
Fiston ne veut pas qu'on lui ménage son intellect mais son physique.

Ce n'est pas la même chose. 

Et ce n'est pas parce qu'on est physiquement déficitaire que l'on est intellectuellement fatiguable.
L'un n'implique pas forcément l'autre.

Mais cela Monsieur le Proviseur n'a pas encore imprimé.
Il y a fort à faire pour changer les mentalités.

Pour qu'enfin, l'on comprenne qu'il y a autant de forme de handicap que de personne qui en souffre.

Et cesser toute cette "bien-pensance" qui au final fait plus de mal que de bien.

Un jeune de seize ans est déjà responsable pénalement handicapé ou non, qu'on le laisse donc choisir sa scolarité comme les autres...

L'adolescent et la règle de droit : des franchissements successifs
10 ans
consentement pour le changement de nom et l'adoption
possibilité de prononcer des mesures éducatives (placement, liberté surveillée) ou des sanctions éducatives (stage de formation civique, mesure de réparation, interdiction de rencontrer la victime...)
retenue judiciaire (12 heures maximum renouvelables une fois), s'il existe des indices graves ou concordants et que l'infraction en cause est punie d'au moins cinq ans d'emprisonnement
12 ans
carte jeunes SNCF
ouverture d'un livret jeune à la banque, avec autorisation et procuration des parents ou tuteurs
13 ans
inscription sur le registre national des greffes
travail dans l'exploitation agricole des parents et sous leur contrôle
garde à vue de 24 heures maximum, renouvelables une fois en cas de délit puni d'au moins cinq ans d'emprisonnement
contrôle judiciaire en matière criminelle et délictuelle sous certaines conditions possibilité de placement dans un centre éducatif fermé
détention provisoire en cas de crime (six mois renouvelables une fois) ou en cas de violation de l'obligation de placement dans un centre éducatif fermé (quinze jours renouvelables une fois, un mois renouvelable une fois dans le cas d'un délit puni de dix ans de prison)
mesures et sanctions éducatives possibles, peines possibles avec application du principe de l'excuse atténuante de minorité (les peines prononcées ne peuvent dépasser la moitié des peines maximales prévues pour les adultes)
14 ans
autorisation d'effectuer des travaux légers pendant les vacances scolaires
autorisation de conduire un deux-roues de 50 cm3 maximum
15 ans
majorité sexuelle
autorisation de se marier, avec le consentement des parents ou du conseil de famille, pour les filles
début de l'apprentissage si justification d'une fin de premier cycle de l'enseignement secondaire
embarquement sur un navire comme professionnel
impossibilité d'être adopté dans le cas d'une adoption simple
passeport individuel
16 ans
fin de la scolarité obligatoire
conduite accompagnée et permis moto légère (moins de 125 cm3)
autorisation d'entrer dans un débit de boisson et de consommer du vin et de la bière
autorisation d'acheter du tabac 5(*)
possibilité de demander au juge des tutelles la convocation du conseil de famille
possibilité de demander l'émancipation
ouverture et gestion d'un compte bancaire à son nom
apprentissage, sans justification d'une fin de premier cycle de l'enseignement secondaire
entrée dans le monde du travail sous certaines conditions
garde à vue de 24 heures, renouvelable une fois
contrôle judiciaire pour les crimes et délits, possibilité de placement dans un centre éducatif fermé
détention provisoire jusqu'à quatre mois (renouvelable deux fois) pour les délits, un an (renouvelable une fois) pour les crimes
possibilité de déroger, à titre exceptionnel, au principe de l'excuse atténuante de minorité



Sinon, cela confine à la maltraitantce définie selon les critères européens et internationnaux..



1. Les définitions internationales

a) La définition de la violence par l'ONU
L'Organisation des Nations Unies (ONU) a défini la violence de la manière suivante : « la violence fait référence à tout acte violent de nature à entraîner, ou risquer d'entraîner, un préjudice physique, sexuel ou psychologique ; il peut s'agir de menaces, de négligence, d'exploitation, de contrainte, de privation arbitraire de liberté, tant au sein de la vie publique que privée ».
b) La définition du Conseil de l'Europe
Le Conseil de l'Europe a créé en son sein un groupe de travail sur la violence, la maltraitance et les abus à l'égard des personnes handicapées. Ce groupe de travail a établi, sous la direction du professeur Hilary Brown, le 30 janvier 2002, un rapport portant sur La protection des adultes et enfants handicapés contre les abus.
Ce rapport propose, notamment, une définition de la violence, des abus, de la maltraitance et des négligences.
Il donne une définition pratique des abus qui « englobe les abus physiques et sexuels, les préjudices psychologiques, les abus financiers, et les négligences et les abandons d'ordre matériel ou affectif ».
Le rapport définit l'abus comme « tout acte, ou omission, qui a pour effet de porter gravement atteinte, que ce soit de manière volontaire ou involontaire, aux droits fondamentaux, aux libertés civiles, à l'intégrité corporelle, à la dignité ou au bien-être général d'une personne vulnérable, y compris les relations sexuelles ou les opérations financières auxquelles elle ne consent ou ne peut consentir valablement, ou qui visent délibérément à l'exploiter ».
Il propose une classification qui distingue six types d'exercice de la maltraitance :
- la violence physique, qui comprend les châtiments corporels, l'incarcération, y compris l'enfermement chez soi sans possibilité de sortir, la surmédication ou l'usage de médicaments à mauvais escient et l'expérimentation médicale sans consentement ;
- les abus et l'exploitation sexuels, y compris le viol, les agressions sexuelles, les outrages aux moeurs, les attentats à la pudeur, l'embrigadement dans la pornographie et la prostitution ;
- les menaces et les préjudices psychologiques, généralement les insultes, l'intimidation, le harcèlement, les humiliations, les menaces de sanctions ou d'abandon, le chantage affectif ou le recours à l'arbitraire, le déni du statut d'adulte et l'infantilisation des personnes handicapées ;
- les interventions portant atteinte à l'intégrité de la personne, y compris certains programmes à caractère éducatif, thérapeutique ou comportemental ;
- les abus financiers, les fraudes et les vols d'effets personnels, d'argent ou de biens divers ;
- les négligences, les abandons et les privations, d'ordre matériel ou affectif, et notamment le manque répété de soins de santé, les prises de risques inconsidérées, la privation de nourriture, de boissons ou d'autres produits d'usage journalier, y compris dans le cadre de certains programmes éducatifs ou de thérapie comportementale.
Le rapport a néanmoins rappelé les remarques qu'ont faites les délégations française et norvégienne concernant la définition de la maltraitance : « la difficulté de cet exercice consiste à situer correctement le problème entre deux pôles dont le premier serait une définition réductrice de la violence [...] qui masquerait la réalité du phénomène, et le deuxième une extension exagérée du concept qui en atténuerait la spécificité en y incluant des problèmes beaucoup plus vastes... ».
De ce point de vue, la définition ministérielle de la maltraitance n'échappe pas aux limites d'une « extension exagérée du concept ».


Nous avons encore fort à faire pour nous faire entendre..