Hier, c'est ma mère qui était opérée d'un début de cancer aux reins.
Il y a de fortes chances pour que cela soit une conséquence de cet évènement-là.
Bientôt deux ans.
Aucun parent ne souhaite survivre à son enfant.
Notre vie est tourné vers le bien-être de ceux à qui nous avons donné la vie.
Leur mort devient un sacrilège, une erreur de la nature.
Comment accepter l'inacceptable.
Ma mère a encaissé le coup mais ne s'en est pas remise. Et son cancer n'est que la partie visible de sa culpabilité de ne pas avoir su donner la vie en profondeur.
De ne pas avoir su insuffler le souffle suffisamment fort pour que la vie gagne sur la mort.
Qu'il est difficile d'assumer son rôle de parents lorsque l'on n'a pas, soi-même, reçu ce qu'il nous fallait à la naissance.
Comment arrêter l'hémorragie de manques.
Je pense à la justice qui vient de refuser à ce bébé le droit de visite de ses grands-parents.
Pour moi, c'est un crime, vis-à-vis de l'enfant. Quelques soient les justificatifs de la mère.
On a le droit de ne pas vouloir avorter, le droit à l'erreur mais peut-être pas le droit de refuser la vie à son enfant.
C'est ce que ma grand-mère maternelle à fait à ma mère, en refusant de signer l'acte d'abandon définitif en lui donnant le droit d'être adoptée par une famille désirant un enfant.
Et en mettant le véto sur le droit de savoir d'où ma mère venait.
Malgré les détectives embauchés, malgré les recherches engagées, ma mère s'est toujours heurtée à une fin de non-recevoir protégeant ma grand-mère.
Ce n'est que lorsque la loi a été votée, donnant aux enfants abandonnés le droit de connaître leurs origines que nous avons demandé le dossier qui concernait ma mère.
Mais, au final, ma mère s'est trouvé devant une tombe, celle de ma grand-mère.
Et très certainement, la loi des séries a créer ce côté létal de mort affective de ma mère, l'empêchant sans doute de trouver l'énergie nécessaire d'assumer son rôle de mère autre que nourricière..
la rendant, ainsi, incapable d'assurer l'amour libérateur, celui qui pousse ses enfants vers l'avant.
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RépondreSupprimerAvant de commenter, je voulais alors voir la date du billet concernant ta soeur : je suis effaré de constater que deux ans nous séparent déjà de ce drame.
RépondreSupprimerBon courage !
Mais ça fait trop souvent que je t'en souhaite... La loi des séries...
Dure loi des séries oui...
RépondreSupprimerNicolas
RépondreSupprimerCe drame qui date effectivement de 2 ans continue de nous rendre malades.
Mes neveux, les enfants de ma soeur sont très mal en point surtout l'aîné.
Je suppose que ma thyroïde s'est mis à faire l'andouille suite à cette mort, aggravée par le souci des ennuis de scolarité et de santé de mon gamin.
C'est une mort insupportable dont chacun de nous se sent responsable, d'une certaine façon.
Et ma mère en paye le prix fort.
Simplement parce que des adultes ont décidé pour elle pendant son enfance.
Nicolas merci de ta présence.
Steph
RépondreSupprimerOui, c'est pour cela que la décision de justice concernant ces grand-parents, capable de relier la fillette à ses origines m'a mise en colère.
Assumer ses erreurs éviterait aux amis de venir nous souhaiter bon courage pour des épreuves difficiles, comme celle-ci.
Et nous donnerait le loisir de vivre plus sereinement.
Merci et bonne journée à toi.
C'est le post pour ta seour qui m'avait doucement ouvert ta porte...moi même si souvent par le passé poussée à commettre l'extême
RépondreSupprimerj'en suis bouleversée pour ce que u nous apprend sur ta maman et je vous souhaite à tous tout le courage du monde pour cette épreuve à surmonter
Quand j'ai eu mon cancer en six mois nous avions eu deux deuils, le divorce douloureux de ma fille, , bien d'autres soucis....mon corps s'est exprimé douloureusement mais bizarrement de ce jour ne n'ai plus eu envie de "partir" mais de me battre et être heureuse
Il est insupportable de perdre un enfnt...nous l'avons vécu par le drame de ma petie soeur jadis...je comprend tout ce que tu exprimes je me sens si proche de tout çà...je ne peux que te dire à quel point je te lis avec tendresse et amitié
Une chanson de Nana en plus
Je pleure sais tu devant les images de mon pays maternel si mal en point : 3 morts aujourd'hui ! comment va t'il s'en sortir ???
je sais que tu aimes la Grèce, Nana, Mélina ...et d'autres..
Je reviendrai vite ici ou "ailleurs"
je t'embrasse fort fort fort
désolée pour mes fautes le pense trop vite et je relis pas
RépondreSupprimerça va faire deux ans également pour ma copine, et elle vient seulement de commencer à voir un psychiatre pour "atténuer" le choc: il était temps, les idées noires l'envahissaient elle aussi...
RépondreSupprimerune bise et des pensées...
C'est insupportable pour un parent la mort d'un enfant.
RépondreSupprimerC'est culpabilisant pour ceux qui restent le suicide d'un proche, très culpabilisant.
Mais qui peut savoir pourquoi l'autre est parti. La dépression qui souvent mène au suicide fait que deux êtres (l'un raisonnable, l'autre non) habitent une même personne et que la dualité est très forte et, parfois, l'être raisonnable ne peut plus contrôler celui qui ne l'est pas et c'est le passage à l'acte.
La reconstruction pour les proches est une oeuvre de longue haleine.
Je te souhaite tout le courage possible pour parcourir ce chemin bordé de beaucoup d'épines et pour accompagner ta mère...
Nanou,
RépondreSupprimerPerdre un enfant est le plus lourd tribut que l'on puisse "payer" à la vie. Et tant que parent se sentir envie de "partir" aussi.
Et pour la fratrie, difficile de supporter parce que cela réactive tout ce qui est derrière avec les jalousies, les différences marquées ou non, senties ou non..
etc..
Et pour les enfants qui ont entre 20 et 30 ans, la difficulté de survivre alors que l'on "savait" que la maman allait mal et que l'on est parti quand même vivre sa vie. L'un était en vacances et l'autre, avec sa copine, et juste pour ce soir-là, précisément..
je sais qu'il y a eu des morte en Grèce, et oui j'aime ce pays, j'y de nombreux souvenirs, des souvenirs impérissable. Dont un en particulier, ce vieux rafiot: Le Minos, à 2 doigts de sombrer qui nous a si souvent emmenés en Crète... A cette époque, nous étions parmi les rares touristes en vadrouille, une chance énorme pour apprendre ce qu'est l'étranger et parfois l'étranger n'est autre que soi-même, étranger à la vie.
Ma soeur nous l'a rappelé à sa façon.
Day, pour moi, j'ai passé le cap! Si ma soeur a tiré sa révérence, c'est parce qu'elle n'en pouvait plus et je ne peux que m'incliner devant ce choix. A cette minute précise, elle ne l'avait pas. Même si elle l'avait avant et après..
Mais c'est toute une histoire.
Il faut aller jusqu'au bout de l'acceptation. Parfois, je me révolte encore un peu et je l'eng.. mentalement. Surtout quand je vois l'état de ma mère.
Flèche,
Je viens de dire beaucoup mais oui, c'est vrai, chaque fois que j'ai revu ma mère, j'ai senti le poids de la culpabilité et de la mort qu'elle porte en elle.
Même en l'appelant à l'hôpital cet après-midi, j'ai cru la sentir, infiniment étonnée d'être encore là.
Malgré la volonté de paraître rassurante.. Et c'est ce qui me fait le plus peur. Pas le cancer physique mais la maladie intérieur.
A vous 3 merci de votre soutien
Bises
C'est tellement difficile le départ d'un enfant. C'est tellement insupportable car contre le cheminement naturel.
RépondreSupprimerPeut-être cette maladie est-elle l'exutoire ...
Flèche,
RépondreSupprimerC'est comme ça que je le comprends.
je ne sais que répondre devant tout çà...pour moi l'envie de mourir, qui a cheminé toute ma vie, est liée à ma naissance (Clara....) et "à cause" de ma mère et de son chagrin à pleurer ma petie soeur morte juste à ma naissance...je ne croyais pas à son amour de maman donc je ne croyais en personne et ne me donnais pas l'autorisation de vivre...
RépondreSupprimeren même temps comme l'explique Flèche, la dualité.... l'autre nanou avait une furieuse envie de vivre , donc Clara se mettait en extrême danger, Nanou criait au secours, juste à l'extrême limite....C'est ce que m'a expliqué le psy quand j'ai été dépisté Borderline ...j'allais à la limite et par trois fosi le coma a été là !!!
je l'ai payé très cher vu ma santé aujourdhui...mais ma maman encore plus, depuis qu'on a parlé et su'elle sait pourquoi j'ai fait tout çà des années...aujourd'hui je la protège de mon mieux mais ses trois cancers, AVC , crise cardiaque et à présent l'invalidité ne sont pas là par hasard...
Je t'écris longuement car je suis tellement sûre que tu écoutes toi ! j'y ai souvent pensé à l'acte de ta soeur, je ne supporte personne qui se permet de traiter de lâche ceux qui agissent ainsi...
Il est impossible de penser aux autres à ce moment PRECIS; c'est super que tu lui aies pardonné...mais être en colère encore c'est ton droit
entoures bien ta maman, le moral est si important devant la maladie... mais que faire quand on ne veut plus...
Tout mon courage rempli d'amitié
pour le reste "oui, ma pauvre Grèce" !
Nanou
RépondreSupprimerMerci pour ton témoignage.
Il m'est arrivé de De mettre le mot "facile" sur ce "départ" mais par colère qui renaît parfois mais je suis profondément conscience de ce que cela a du lui "coûter".
On ne met pas une corde autour de son cou comme ça.
Elle n'avait pas pris de médicaments, sa seule anesthésie a été une trop grande souffrance, insupportable pour elle.
Mais aucune explication ne peut la ramener parmi nous. C'est ce côté "irrémédiable", frustrant, culpabilisant d'être survivant alors que l'on avait aussi toutes les raisons du monde "s'en aller".
Mais j'ai choisi pour ma part la mise en danger permanente.
Parachutisme à une époque ou les parachutes n'étaient pas adaptés à mon 1,48 mètre.
Voyage dans des pays réputés pour être dangereux, en stop seule, jour et nuit.
Mais justement, c'est vraiment à ce moment-là que j'ai senti le réveil et la possibilité d'une autre vie.
Et depuis, je m'y suis attachée et c'est ce qui me sert à guider mon ado dans la recherche de son "moi"..
C'est ce qui me permet une écoute plus attentive.
du haut de ton 1m48 tu es de la race des Grandes
RépondreSupprimertendresses