06 août 2008

Le son du silence !

Personne ne s'imagine cette chose effrayante:
La vie a une fin, une fin que l'on ne connaît pas et qui peut survenir à n'importe quel moment.



Et lorsque qu'elle survient, celle que l'on nomme "La Grande Faucheuse", on se dit parfois:
"Si j'avais su!" et pourtant, nous le savons tous, en cet instant même que la vie peut prendre fin.
Nous le savons consciemment ou non.




Pourtant, nous continuons à vivre pour le meilleur (pour soi) en ignorant les autres.
Nous refusons la remise en question salutaire qui est de s'arrêter cinq minutes et de se demander si nous sommes bien sur la bonne voie.
La voie du respect de l'autre, la voie de l'altruisme qui permet de dépasser les travers de la vie, lorsqu'elle ne veut pas s'ouvrir au moment où nous le souhaitons.

Et nous voulons toujours plus, prouver que notre petite personne le vaut bien.
Oui mais vaut bien quoi?

La belle maison qui va faire bisquer notre imbécile de voisin ?
Imbécile ? Ais-je dis ? Mais de quel droit ?

La meilleure paye ?
Mais en travaillant combien d'heures et sur quels sacrifices inomables ?

La plus belle voiture, la plus rapide ?
Mais la plus chère donc la plus lourde à entretenir.
Celle qui va nous faire travailler plus pour dépenser plus.



Et voilà comment finissent par se pourrir les relations.

On devient accroc à un chantage de société.
Celle que l'on croit évoluée.

On en oublie le fondamental:

L'amour de soi au travers de l'amour de l'autre.
L'amour de l'autre participant de l'amour de soi.

Non, je ne suis pas en train de prêcher pour une quelconque religion, d'abord je n'en ai pas vraiment.
Mais l'expérience que je viens de vivre, le décès de ma soeur, me fait réfléchir à nos relations.
Familiales d'abord.

Certes la famille peut représenter un poids lourd et  parfois, la seule solution est de s'exiler à l'autre bout du pays.

Cela me fait penser à l'une de mes belle-soeur. Elle a décrêté que j'avais volé son frère à la famille.
que depuis que son frère vit avec moi, la famille ne le voit plus.

Que voulait-elle?  Le mettre dans son lit ?
La première fois que je l'ai rencontré, à Figueras, mon futur mari voulait que nous soyons logés à l'hôtel et du coup la Madame se croyait obligé de venir, tous les matins à neuf heures tapantes, nous réveiller avec ses poivrons frits et ses pains au chocolat qui finissaient par me donner la nausée.

Pire que ma Belle-Mère qui acceptait encore que je sois française! Et bien plus ouverte d'esprit.
Des belles-soeurs, j'en ai cinq et j'ai pu m'imposer face à quatre.
la dernière d'entre-elle, la plus jeune et bizarrement celle que l'on dit la plus moderne s'est mise en travers de  ma route, avec chantage à la maladie.
Chaque fois qu'elle appelle, c'est pour se déclarer malade.

Elle à eu, effectivement,  un cancer du sein, il y a plus de vingt ans.
Mais elle en a guéri.
Cependant, chaque fois qu'elle le peut, elle en joue...
Ce qui culpabilise celui ou celle qui reçoit son angoisse.

Pourtant, puisque la mort est en fin de compte inéluctable, pourquoi ne pas vivre et laisser vivre en paix ?
Nous avons aujourd'hui tant de moyens de faire notre ménage intérieur.

Nos relations extérieures ensuite.
En ce qui me concerne, j'aime communiquer.
J'aime apprendre des autres.
La vie se meurt de trop de solitude.

Ma soeur n'avait plus d'amis.
Elle vivait seule, dans sa grande maison d'architecte, en bordure de forêt de Compiègne.
La plus belle et la plus chère du quartier.
Ses enfants devaient partir, l'un en Suède et l'autre à Lille en septembre.
Son mari, dont elle avait divorcé et avec lequel, elle revivait depuis plus de dix ans, était parti sur une énième  dispute mais accroc à elle.
Il serait revenu.

Pourtant, un soir, après avoir diné avec son plus jeune fils et un ami, au moment de se mettre au lit.
Elle a décidé d'en finir.
Mon neveu était parti passer la nuit chez sa copine.
Le plus âgé  parti en vacances.

Comme le disent les médecins, ce type de suicide est impulsif et incontrôlable et cela prend un quart d'heure.
Sauf si quelqu'un passe par là au bon moment.
Mais nous sommes adultes et personne n'est censé être notre ange-gardien vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Ce ne serait pas vivable non plus.

Mais voilà, pour ceux qui restent, c'est comme une punition.
Nous avons été absents.

Et le plus difficile est de se défaire de la culpabilité.

Celle de n'avoir pas su, pas pu ou pas voulu trouver la juste distance entre la relation telle qu'on se la représente avec tous les fantômes familiaux comme compagnie et celle qui est porteuse de sens et d'espoir.


Je n'en fini donc pas de revenir sur cet acte qui a fait voler en éclat toute certitude, toute animosité envers la famille.
J'espère seulement qu'il permettra de resserrer quelques liens distendus.
Que ma soeur ne soit pas morte pour rien.







6 commentaires:

  1. Des poivrons frits AVEC des pains au chocolat ? Elle vous voulait du mal, c'est sûr !

    (Ce commentaire était destiné à montrer que je vous avais lue, mais que je ne me sentais pas le droit de faire un commentaire...)

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  2. Merci de votre passage Didier.
    je crois qu'elle me voudrait effectivement "ailleurs".. au sens figuré sans doute!!!
    Et la suite n'a pas été plus surprenante.
    Aujourd'hui, dès que j'entends sa voix au téléphone, je m'empresse de passer l'écouteur à mon mari. lol !!
    je suis rapide, dit-elle !!
    Avec une telle masse sur l'estomac, il vaut mieux ne pas répondre sous peine de retour à l'envoyeur..

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  3. L'ignorance de ces faits et gestes de ta belle soeur est la position la plus utile et intelligente à aborder ;-))

    Tes mots sont justes et si vrais, je iens de les faire lire à mon mari, il affirme ce que tu ressens. Dieu que c'est dur pour ceux qui restent.Le suicide est une incompréhension éternelle pour ceux qui restent et qui ont aimé cet être cher parti ainsi.

    L'argent ne fera jamais le bonheur mais la famille unie, les amis, aucune CB n'est à la hauteur.

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  4. A M,

    tu vois, par moment, j'arrive à me remettre en "vie", la preuve cet article sur les vacances. Et je dois le faire pour mon fils qui n'a rien demandé à personne et qui subi le contre coup de cet acte incompréhensible.
    Car il l'est. Nous en sommes tous à nous demander encore et toujours:
    "Pourquoi, mais qu'est-ce qu'il lui a pris"
    Aller se pendre seule, au milieu de la nuit dans son grenier!!
    Les questions sans réponses que je me pose:
    Au moins est-elle morte sans souffrir?
    As-t'elle "senti" la folie de son acte, en a-t'elle eu conscience ?
    A t'elle voulu l'arrêter sans le pouvoir?
    Toutes ses questions qui reviennent en boucle, la nuit, le matin au réveil et l'image que j'ai d'elle est celle qui la met en scène dans son acte "fou".
    je n'arrive pas à la "voir" autrement!
    J'ai beau essayer d'arrêter ces images qui me trottent dans la cervelle, j'ai beau lire, m'occuper , ça revient toujours.
    Un éternel "pourquoi" car ce n'est pas un accident, ni une maladie, ni l'âge...
    C'est une fin volontaire qui, si elle n'est pas "volonté de mourir" est une fin malgré tout qui est la fin de la vie pour ceux qui restent.
    Parce que la seule réalité maintenant est une urne de cendres
    dans un cimetière et la douleur de l'entourage.
    en ce qui me concerne, j'ai toujours choisi ma famille et mon fils. C'est assez dur pour lui alors même si je ne semble pas "moderne", ma liberté est de faire en sorte que cela se passe bien. Et je n'en souffre pas du tout au niveau personnel.
    J'assume parfaitement mon rôle de maman "au foyer" tout en sachant que je peux occuper mon temps utilement. Et cela est important pour moi être utile.
    Quant à ma belle soeur, je l'ai fermement mise dehors de chez nous en disant que la terre est assez grande pour que mon mari puisse la rencontrer ailleurs que chez nous où elle venait "faire sa loi".
    j'ai refais une tentative de réconciliation en octobre dernier mais vu son état mental, c'est contre indiqué.
    Pourtant, aujourd'hui, elle séquestre l'oncle (le frère de ma belle mère) chez elle.
    Cet homme est veuf deux fois et a de l'argent. Et ma belle soeur s'est imposé pour le garder, a réussi à se faire coucher sur le testament pour le l'appartement de Madrid et est complètement délirante sur son "rôle" d'accompagnante alors qu'elle est maltraitante.
    C'est une évidence observée par d'autres et l'oncle lui-même, s'il ne s'en plaint pas directement, en souffre. Je l'ai vu au bord des larmes suite à des vexations extrèmes lancées par cette femme.
    j'ai pris parti parce que je ne pouvais pas laisser faire et du coup, elle s'en est pris à moi!!
    Depuis, je ne veux même plus l'entendre...
    Pourquoi les gens se comportent-ils si mal???
    J'ai du mal à comprendre alors qu'on ne cesse de dire que la famille est important et qu'il faut préserver les relations.
    Mais à quelles conditions et dans quelles mesures ?

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  5. Un jour qui n'était pas comme les autres,les jours se suivent puis les nuits reviennent ....
    l'ancrage du passé !
    les pensées s'embrument,et la solitude nous mène dans l'absence d'en vie,une souffrance en palpitations [...]
    hier ne nous appartient déjà plus !
    et demain n'est encore qu'une illusion ....
    sans doute nous rappeler que si aujourd'hui est bien vécu, chaque hier se transformera en une vision remplie d'espoir ^^
    envol d'un grand soleil de tendresse

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  6. Merci Cephee, tes mots sont porteurs d'espoir...et d'amitié.. ça fait du bien..

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