25 janvier 2009

Mon expérience Israëlienne.

Article que m'a envoyé Le Rocroco hier soir.
Sur l'attitude de la diplomacie française face aux victimes de Palestine.

Je crois avoir atteint aujourd’hui le summum de l’indignation ...
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Dans le négationnisme, notre diplomacie fait fort.

De quoi se sentir étrangère sur son propre sol car je ne peux pas être fière de tels agissements.
J'ai peut-être sur ce conflit, une attitude un peu tranchée parfois, liée sans doute au fait que j'ai vécu et travaillé près de Jérusalem à l'époque de mes 20 ans.

Mon beau-Frère est juif, originaire d'Algérie.
Sa soeur ayant fait un voyage là bas et travaillé en Kibbutz, son récit m'a donné envie de tenter l'aventure.

J'y suis donc allée à mon tour.
 Trois semaines de Kibbutz et j'ai fait ma valise, déçue.
Mais je crois que je n'étais pas faite pour la collectivité de cette façon.

J'y suis retourné quelques mois après pour vivre autrement, ce pays m'ayant fasciné.

J'avais trouvé un emploi dans un hôpital  à Eïn Karem
- Hospice pour enfants handicapés des Filles de la Charité à Ein Karem
comme aide soignante auprès d'enfants profondément handicapés mentaux d'origine juive comme palestinienne.
A cette époque le Sinaï appartenait encore à l'état d'Israël.

J'y ai travaillé quelques mois. J'ai pu observé que les employés d'origine juive étaient bien traités et que les employés d'origine palestinienne, beaucoup moins.
La différence était trop flagrante

Il n'y avait pas reconnaissance des employés sauf s'ils étaient entièrement soumis au diktats des religieuses.

Les enfants étaient mal traités d'une certaine façon.
Et la nourriture qu'on leur donnait n'était pas géniale.
Semoule au chocolat le matin, semoule au légumes le midi et semoule nature le soir.

Un jour, n'empêche, j'ai craqué.

J'avais une double otite qui m'avait rendue totalement sourde et la mère supérieure ne voulait pas que je vois le médecin qui s'occupait des enfants.
Je les avaient vu plusieurs fois refuser de porter assistance à des employés dont une amie en pleine crise de tétanie grave, que j'ai du aider à se faire une intraveineuse pour arrêter le processus de raidissement des muscles..

Et du coup, j'ai vidé mon sac.
Je leur ai dit que je supportais plus leur hypocrisie religieuse, que la vie des autres comptait  plus qu'une prière à Dieu.
Qu'au lieu de prier, elle feraient mieux de faire de vrais repas pour les gamins, qu'elles feraient mieux de rémunérer correctement leurs employés palestiniens, qu'au lieu de dépenser leur argent en très bon repas pour elles, je les avais surpris en flagrants délits de bombances avec toute l'argenterie et un assortiment d'assiettes et de verres de repas de fêtes.
Que la charité consistait d'abord à montrer l'exemple.
Que c'était leur rôle..

Tout cela m"a pris comme ça.
Leurs Dieu ne pouvait pas avoir de préférences pour une race ou une autre, une religion ou une autre.

Après cela je me suis fait virée...
Mais ça tombait bien, je voulais partir, écoeurée.

Pendant deux jours, on m'a fait du chantage:
Je retire mes paroles sans doute dues au fait que je sois malade et l'on me garde.
Ou bien je persiste et...

J'ai signé et fais ma valise.

Une soeur volontaire allemande est venue me voir dans ma chambre (j'étais logée) et m'a donné de l'argent en m'affirmant que j'avais eu raison de cette colère.

Et l'on a fait du chantage à mon amie en lui disant que si l'on me revoyait dans l'hôpital, elle était ELLE, virée.

Entre temps, j'avais reçu la visite de ma soeur aînée.
Lors de notre retour de Tel Aviv où elle avait débarqué en avion,
Nous avons échappé à un attentat.

Le bus que nous devions prendre a été plastiqué. 
Nous l'avions manqué de peu.

Prendre les transports lorsque la menace d'attentat pèse, lorsque la mort rôde, lorsque l'on ne sait pas si demain quelque chose ne va pas se passer car la sécurité dans ce pays n'a jamais vraiment existé peut monter à la tête.
Et brouiller la capacité à réfléchir.

Il m'est arrivé également, de me retrouver au milieux de foules juives effrayantes d'intégrisme.
Le jour de la fête du Puit de Marie à Eïn Karem.

Des centaines de personnes, hors d'elles, prises par leur fête lorsque l'on sait qu'elle n'acceptent pas la présence de Goys (non juifs).

Nous avons failli nous faire écharpés dans le quartier des intégristes, Mea Shéarim, à Jérusalem pour avoir oser nous présenter un soir de shabbat.

J'avais une amie juive, issue d'une famille très religieuse qui souhaitait faire évoluer la mentalité et s'était mis en tête d'épouser un jeune arabe...
Elle n'a pas réussi, son amoureux n'était pas fidèle.
J'espère qu'elle a gardé sa fraîcheur d'esprit et qu'elle continue à militer d'une autre façon.
Car, sous la pression, elle a fini par épousé le jeune homme choisi par la famille.

Ces souvenirs me reviennent en mémoire.

Et lorsque je demandais pourquoi cette guerre, on me répondait souvent, des deux côtés, que les populations étaient manipulées par de grandes puissances (on invoquait l'Amérique, la Russie et les Pays Arabes)

Pour des questions qui dépassaient la population.
Je sais pour en avoir rencontré, qu'il existent des pacifistes désireux de trouver des VRAIES solutions de PAIX.
Des gens qui voudraient pouvoir continuer à vivre sur le sol d'Israël en apaisé et en harmonie avec les palestiniens.

Si la méchanceté n'a pas de frontières, l'humanisme n'en a pas non plus.
La bonté, l'intelligence, la bêtise, l'avidité..

Tout cela est humain et universel.

Une éducation des jeunes à la paix me semble nécessaire.
Enterrer les morts et cesser de vouloir la vengeance à tout prix, pour la sécurité des enfants de Palestine, pour ceux d'Israël.
Un seul mort, qu'il soit de Palestine ou d'Israël est de trop.