02 avril 2008

Handicap, intellectuel précoce, une année scolaire ordinaire pour Max.

Depuis deux jours, c'est le Brevet Blanc pour mon fiston.
Et il stresse. Parce que, bien que très doué - ses professeurs que j'ai rencontré vendredi dernier - en attestent, il reste soumis à des principes stricts.

Sachant qu'il est parmi les moins atteints du centre, il est noté plus sévèrement.
Sa professeur de maths me l'a confirmé. Et fiston en souffre beaucoup.
Il le ressent comme une injustice de plus.

Pourtant ses profs l'apprécient beaucoup. Lorsque l'on parle de lui, les sourires se dessinent sur les visages.
Max a toujours marqué les enseignants, en positif ou en négatif. Il ne laisse pas indifférent.
Ils savent unanimement qu'il peut aller très loin dans ses projets.

Mais voilà, la psychologie des ados, surdoués en plus, est quelque chose à vivre au quotidien.
Et quand vient se greffer une situation de handicap, c'est un peu la perte des repères.
Et pourtant, j'en ai lu des livres de psychologues.
Mais je n'y retrouve plus "mon petit".
La psychologie est une base générale.

Max est une personne unique et là est toute la difficulté. d'où parfois mes hésitations.
Je pensais pouvoir lâcher un peu du lest cette année.
Je me disais Max est dans un centre pour élèves en situation de handicap.
J'ai surévalué la situation.

J'ai croisé, au cours de cette rencontre parents-professeurs, la maman de la jeune fille qui faisait la journée d'intégration en même temps que Max, l'année passée.

Cette jeune fille serait devenue "anorexique". Elle est très maigre. elle ne mange plus qu'à l'infirmerie. J'ai vu sa maman très angoissée.
Elle ne supporte pas l'internat, je suppose..

La vie au centre doit être difficile et pas forcément adaptée à tous les élèves.
Ceux qui n'ont pas le choix que d'être internes, le sont par obligation parce que la société leur ferme trop souvent les portes.

L'un des "collègue" rival de Max, enfant surdoué est interne et souvent se venge sur lui de sa condition de vie.

Non pas parce qu'il est brute mais par ce que la vie est brutale pour les personnes en situation de handicap.
Il faudrait ce genre de structure sur toute la France.

Au lieu de les fermer, il faut garder ces lieux-ressources pour des élèves que le système ordinaire fait parfois semblant d'intégrer.

Et lorsque l'on voit que le gouvernement veut faire des économies en plus au niveau de l'éducation nationale, j'ai des doutes.

En classe d'unité pédagogique d'intégration en milieu ordinaire que rejoindront Max et les meilleur(e)s de troisième cette année, il n'y a qu'une auxiliaire de vie scolaire pour une classe.
Cela fait réfléchir !!!

Marche ou crève !!!

Pour ce qui est des surdoués, voici ce que dis cette jeune fille.

"Tombée sur ce forum par hasard... J'ai été une gamine surdouée - non
diagnostiquee - et apres plusieurs annees scolaires brillantes, j'ai
incroyablement periclite comme votre enfant, a l'age de 14 ans (puberte).
De timide et concentree, je suis devenue entetee et rebelle, et une
dropout... mon incapacite a tolerer toute forme d'autorite m'a suivie toute
ma vie et depuis trente ans, continue de faire partie de mon palmares,
sous forme d'echecs repetes au niveau professionnel - et meme
relationnel -.
Je ne veux pas vous inquieter, mais vous mettre en garde.
Les enfants surdoues sentent le monde de facon percutante et juste, car
ils sont generalement hypersensibles, ce qui les empeche, par ailleurs,
de s'ajuster aisement a des situations meme benignes pour la plupart.
Leur potentiel d'inadaptation sociale est superieur a la moyenne des gens
dits normaux, meme si en situations de crise ou extremes, ils s'en sortent
generalement mieux que la plupart. Mais l'intelligence non canalysee peut
avoir des effets aussi pernicieux qu'une drogue. Mon conseil : d'abord
expliquer a votre fils que son intelligence est un plus (nous nous croyons
souvent anormaux ou meme inferieurs), qu'elle le suivra toute sa vie et
qu'il aura besoin tot ou tard de la mettre a contribution, pas specialement
pour recolter des honneurs, mais pour etre heureux.
Nous faisons d'excellents survivants, mais la simple vie au quotidien peut
nous sembler une vraie epreuve, car nous sommes a l'affut de chaque
dissonnance, de chaque geste cache, de toute parole non exprimee...
Ensuite, ne pas negliger que leur demande affective est superieure a celle
des autres enfants de leur age et qu'ils ont besoin plus que les autres
d'etre chouchoutes, valorises et de se sentir en terrain de confiance,
surtout avec les adultes qu'ils deshabillent au radar et qui ne les
impressionnent pas, meme s'ils s'en mefient ou en ont peur.
Idealement, il faudrait qu'ils aient des defis a relever plus importants que
ceux qu'on donne aux enfants de leur age et des sources d'interet (pas
forcement academiques, ca depend) qui leur permettent d'utiliser leur
incroyable faculte de concentration, d'analyse, leur memoire, rapidite, etc.
Votre fils est en situation d'echec repete, et cela le marque tres en
profondeur. Il faut l'aider a comprendre que ca n'est pas lui qui est
deficient, mais que les systemes humains sont bases sur les besoins et
preoccupations de la moyenne des gens. L'aider a exprimer ses
sentiments et le soutenir dans sa vision - souvent tres juste - de la
realite. Surtout qu'il retrouve sa confiance en lui et dans les adultes au
plus vite. Pour terminer, car cette dyatribe pourrait ne jamais en finir, je
vous conseille les livres de Arielle ADDA.
Je vis aux USA, et ne connais donc aucune ressource locale en ce qui vous
concerne, mais je vous demande ne pas lacher prise, ni de vous laisser
decourager par les systemes conventionnels qui n'ont pas encore appris a
composer avec les enfants exceptionnels. ATTENTION, l'intelligence n'est
pas une maladie ! Ca ne se soigne pas, mais il faut apprendre a bien s'en
servir.
L'intelligence est un joyau naturel qu'il faut a tout prix honorer et
proteger. Votre fils demande beaucoup plus de la vie, il merite beaucoup
de la vie et il est pret a contribuer beaucoup plus que la moyenne, s'il ne
s'enfonce pas dans son propre desespoir muet et ses fuites en avant,
comme je l'ai fait, mais qu'au contraire il sente que ses facultes sont
mises a contributions.
Il a un grand besoin d'etre reconnu (pitreries...) et aime; ca va etre
fatiguant, n'en doutez pas, mais ca vaudra la peine, croyez-moi
En un mot, ne l'abandonnez surtout pas, VOUS, servez-lui de pillier et
vous en serez remerciee quand il aura reussi a devenir autonome. Ces
enfants-la possedent aussi un grand coeur. Mais n'oubliez pas de vous
faire aider et soutenir vous aussi, afin de mieux pouvoir l'aider lui sans
que cela vous epuise. C'est une grande entreprise et vous avez vous aussi
besoin de soutien. Bon courage et ne vous blamez pas inutilement ; vous
n'etes fautive de rien et lui non plus, bien au contraire.
Un don peut parfois s'averer tres epineux, mais ca n'en demeure pas
moins une beaute de la nature, comme les roses."

La fin est très belle.